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L'adieu

Prends la falaise de nuages

Publié le 29/09/2009 à 16:00 par ceres
Prends la falaise de nuages
sur la danse d’un oiseau querelleur
il se moque des soleils écorchés
jusqu’au cœur des rochers escarpés
Oui
il prend les regards par la main
pour les emmener dans ce paysage imaginaire
avec ses histoires de fou, d’amour et de marin

Prends la craie blanche des galets
pour écrire l’étoile d’un amour
le ciel qui tisse un semblant d’étreintes
et avec cette forteresse de vagues
on pourra dire que seul l’enfant est resté
avec ses adieux, ses oublis et ses sourires

Oui
Encore

Prends le vertige comme la stèle du vent
où le temps gagné aux larmes
se meurt de vie ou se meurt de rien
de l’envol d’un oiseau vers un autre pays imaginé


2009


Tchin-tchin

Publié le 20/06/2009 à 19:56 par ceres
Je trinque à la santé de l’arbre flamboyant
aux branches du berceau vide
c’est l’hiver qui sent l’alcool de peau
le regard dénudé
ne souffle pas l’oxygène sur son petit corps
il est trop tard
pour arboriser le futur sourire d’un jamais
généalogie à la casse ramifiée

Ne prends pas garde à la sève empoisonnée
c’est un mélange de larmes
pétales de saison
et la fonte du soleil en tombeau
décembre vit dans le cœur à l’année
givre les veines
avant la saignée du souvenir
qui s’envole de la cime

Prendre un billet pour l’échange
toi ici et moi là-haut
à veiller sur la pousse des juillet
boire le ciel et le bleu
et ne laisser qu’en ce grand rêve
les étoiles vivre dans un toi infini


2009

C’est une tombe en chocolat mauve de nuit

Publié le 12/06/2009 à 23:57 par ceres
C’est une tombe en chocolat mauve de nuit
à croquer sur la mort taffetas
une ombre sur la civière étoilée
le pansement oublié d’un sourire

Nous avons besoin vous et nous et je
du linceul de l’orpheline sylvestre
qui déracine ses mots
avec ce cimetière qui fait violence contre la vie
au milieu des dentelles florales

Dans le regard du souvenir
le soleil épouse la chevelure de la madone
et celle de l’ange-enfant
il ne grandira jamais dans la valse des larmes rouges
qui viennent du grenadier
de ses fruits en deuil

Non il dort paisiblement
entre amour et contemplation
bercé par le chant suave
d’un hier qui n’a jamais su mourir
ne saura jamais



Vierge adorant l'enfant
Sandro Botticelli

Je serai morte

Publié le 11/06/2009 à 22:13 par ceres

Je serai morte

juste après avoir lu la dernière ligne de ma bibliothèque

l’amour faufilé entre les mots poèmes

à l’ombre vaccinale d’un regret

porte la fleur fanée à la page zéro

fin de vie

terre-ciel-terre d’une silhouette émaciée

cette musique née sous Y

d’un chromosome érudit

 

Je serai morte

le visage enfoui dans celui de l’enfant

dans sa tombe forme couffin

à gazouiller la vieillesse du soleil

sur l’accouchement d’une larme

début de Trépas

ciel-terre-ciel d’une disparition opale

cette racine déjà évanouie

d’un sommeil à vœu de silence

 

2009

La reine écorchée

Publié le 06/06/2009 à 21:48 par ceres
La reine écorchée

L’oiseau d’argent s’est posé sur un nuage

pour photographier les sentiers célestes

d’un œil de bruine

De là-haut il surpasse l’envol des fleurs alouettes

et picore les fruits solaires

 

Faut-il t’offrir tous les requiems de l’univers

pour que tu sois enfin heureuse

le sourire d’une tulipe vierge

de toute étreinte saisonnière

ou bien

le retour de l’enfant-prince

dans tes yeux qui cherchent encore…le souffle court

 

Qu’as-tu besoin d’une robe de perles brillantes

ou d’une couronne de lys

endormie dans ton rêve-baldaquin

si ce n’est que pour régner à travers son fantôme

L’Eden en est peuplé de tous âges

du berceau à la canne

tous les mêmes ou jamais en nos cœurs

 

Embryon de fantôme et diadème racinal

quelle forme

est-ce le petit oiseau d’argent si libre

où le chagrin d’une absence souveraine

 

2009

Dessin de Maxrob

Quand l'enfant n'est plus là

Publié le 31/05/2009 à 00:17 par ceres
Le paradis murmure l’oubli aux tombes des regards
j’y habite à quelques centimètres lacrymaux
au coin des lèvres
quand tu sèmes les graines de ciel dans la terre hémorragique

Il soupire ton absence au gré des fleurs
semées par les fées d’hiver
là où pâlit la neige des saisons éternelles
là où meurent les sourires quand commence la vie
le temps est le lupanar des silences
s’étreignent au milieu d’un mot
couper les ponts raccommoder les maux
au fil dé-racine

Il tue les espoirs de vivre vivant
aux pages closes des faits divers
la mort et la vie se ressemblent tant
quand l’enfant n’est plus là
à édifier les pierres du cœur


2009

Le sang de l’arbre

Publié le 17/05/2009 à 19:08 par ceres

C’est ici que je m’envolai le jour de ta mort

petite reine aux dentelles solaires

libre là-haut auprès de ta cour d’anges

que ne fus-je l’un d’eux sur terre

je t’aurais donné mes ailes dont je n’avais que faire

si j’avais su que tu partirais avant moi

pour ce voyage dont on ne revient qu’en souvenirs

 

Je suis arbre pour qui ne veut croire

le tombeau d’un adieu

emmêlée dans mes racines létifères

déshabillée de raison aux grands froids

parée de couleurs aux saisons

que je ne peux partager avec toi

à subir toutes les tempêtes

jusqu’aux larmes de mon écorce

transfusée de sourires

pour la naissance des bourgeons en liesse

 

Dois-je attendre que l’on vienne m’abattre

ramures souffrantes

depuis la cicatrice ouverte du tronc

à la hache d’un soupir salvateur

libérée enfin d’un ciel boueux que l’on pioche

au hurlement du cœur

 

Je suis arbre et mon envol coule en toi

petite fleur qui n’a pas invité l’hiver

au bal des pétales

s’est vengé

en t’enlevant à moi à jamais

Ecorchée vive

Publié le 09/05/2009 à 12:00 par ceres
Fleur orpheline de sa fille
à ramasser des lambeaux de pétales
pour la stèle des envolées
l’enfant est morte à jamais
une écharde au cœur
qu’un geste d’adieu enfonce
jusqu’au seuil du ciel
au-dessous de terre
seuls les chrysanthèmes ne fanent pas
accompagnent le sourire à sa fin
que n’ai-je pris ton mal

Mon enfant

Mes bobos de larmes sont si dérisoires
(je) tousse les anges
sur l'hémorragie de la racine
oublie qu’il existe un je fébrile
avec sa névrose d’amour-absence
à ressasser son bourgeon fragile
fleur de peau à la rose
le souvenir vieillit mal
suffit-il de dormir pour guérir
ou de guérir pour enfin dormir
parmi le rire espiègle de l’été


2009

Petite Elle

Publié le 07/05/2009 à 12:00 par ceres
Petite elle tient l’écheveau de nougatine
que Grande Elle tresse au sucre de ses yeux.
Mais le ciel ouvre la fenêtre,
appelle Grande Elle,
s’en va chercher la rue de l’amour
pour se fondre dans les draps d’un Lui.
Ne pense pas qu’au lieu de le partager
elle brise son cœur en deux.

Lui soleil spartiate d’une nuit,
qu’a t’il à faire d’un petit l
ayant perdu son alphabet
sur une syllabe expressive.
Qu’a t’il à voir avec cette petite vie
de sept années,
fragrance d’une saison surannée.

Petite elle attend dans la pénombre rose
de sa chambre d’hiver prise de lune,
le retour de Grande Elle.
Vole dans les draps de soie jusqu’à l’aube
sans savoir qu'avec le joujou métallique,
le docteur avait entendu une musique tam-tam,
là dans la maison du dedans,
le chant grave d’une petite fleur
à sept pétales de printemps.

Eveillée dans sa robe de velours
attend comme la poupée de porcelaine,
qu’on la coiffe telle une reine.
Le jour ouvre les rideaux,
découvre Petite elle…
Petite Morte avait tout
d’une grande Elle.

Désormais grande Elle
ne sait plus compter que jusqu’à sept…


2009

En pensant à "la page d'amour" d'Emile Zola

L’hiver a brûlé mon enfant

Publié le 06/05/2009 à 12:00 par ceres
L’hiver a brûlé mon enfant
rongé son petit cœur de soie
avec son soleil sibérien
à la liqueur de ronces
ma petite fille rose
sur ta balançoire de pétales
vole jusqu’à la porte des cieux
ne te retourne pas mon papillon
j’ai mis mes larmes en flacon de terre
me balance aussi…sur ton rire étincelant

L’hiver a brûlé mon enfant
rongé son petit cœur de soie
où es tu maintenant
l’antre d’ébène n’a que faire de toi
puisque les fleurs n’y sont pas
le piano en deuil saigne ses notes
délivre des gammes ténébreuses
à l’oubli des sueurs hiémales
au lieu d’une sonatine charmante
mes doigts paralysés par le froid

L’hiver a brûlé mon enfant
rongé son petit cœur de soie
ma petite fille rose
c’est l’été qui me maintient ici
en vie


2009


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