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Poèmes rêves

Greffe d'étoiles

Publié le 10/11/2009 à 22:12 par ceres
Greffe d’étoiles sur le ciel de fleurs,
il pleut des sourires dans le jardin.
L’arbre et la poupée ensommeillent
le vent qui a un souffle au cœur.

Couture de pétales sur la robe de lune,
il fait si bleu dans les yeux de juin.
Lambeaux de rubans célestes
volent sur les oiseaux à la valse.

Le jouet a bien humaine allure
dans le vertige des trêves ;
comme une traînée de perles brisées,
on devine les ondes létales.

Dans ce cimetière de branches
il se prend au rêve de l’instant
le retour de l’enfant interdit
dans un monde dessiné par les anges.


2009


Le rêve du poète anonyme

Publié le 12/10/2009 à 19:29 par ceres
Il disait
« C’est quand mon pays est le plus beau que je voudrais mourir »
Aujourd’hui, c’est mon jour
et mon pays n’est pas que beau
Il est branche qui renaît d’un arbre bicentenaire,
soleil qui donne rayons aux semences humaines.
Il est toi caché sous le regard d’une musique
à aimer ce que ma mort aimera

Le poète est parti depuis si longtemps…
Lui allongé près de l’écorce de sa vie
avec le bourgeon de l’aurore sur la poitrine
et l’étreinte en friche du vent.
Il avait aimé et son pays était beau,
il suffisait de fermer les yeux pour s’envoler
comme l’oiseau qu’on n’aurait pu voler au ciel.

Peut-être
c’est lui qui me murmure et qui disait
« Je sourirai quand il sera l’heure,
que mon rêve étoile la réalité
dans un jardin de racines éternelles.
Enfin, que le chêne planté de ma main vigoureuse,
perpétue la beauté de ma réalité.


2009

Invitation au voyage céleste

Publié le 21/08/2009 à 14:21 par ceres
Sur terre je ne peux pas m’étoiler
Près du rêve qui dort sur le sourire ;
Il faut un là-haut pour me consoler,
Un ailleurs pour contempler tous tes rires.

Je l’ai trouvé…Puis je l’ai gardé

J’habite la plus petite rue du ciel,
Tu sais à l’angle du nuage opale ;
Ruelle que l’on appelle azurelle,
Je vis tout près du grand soleil si pâle.

Amant, ami en une seule saison

Mon chez moi, je l’ai meublé de rayons
Qui me viennent de l’astre et ses regards
J’y invite fleurs, pluies et papillons
Qui butinent l’amour et le cœur hagard.

Un peu d’irréel, de divin sucré à conter

Je t’invite à voler près de l’été.
Viens, je te prêterai mes ailes sanguines ;
C’est le pourpre de mon sommeil hanté
Par L’Eden et ses routes clandestines.


2009

L’aquarelle de la soupière

Publié le 05/05/2009 à 12:00 par ceres
Mon regard de faïence plonge dans le rêve
il n’a faim que d’étoiles
perchées sur l’échelle de jour orangé
la Naïade au cœur parme
ne cherche plus sa rivière soliste
endormie sur la fleur dénudée
l’arbre aussi se dépare de son regard
pour se noyer dans un œil languide
avait enfanté sa propre racine

I can see her shadow

Qu’importe le navet ou le poireau
le sirop de pomme de terre
ne buvons que le soleil
à la grande cuillère
le sang des fruits d’un azur vierge
le sourire embrassé à la fresque
Muses habitent la toile de pierre
belles comme un abricot de sable
chevauchent le blond des étreintes

I still see

Gardienne des songes tout en nuances
je ne bois que le parfum de l’ivresse
les légumes d’or de la fontaine
amoureuse des anges pastels
sur le nuage opale
peindre les collines accrochées à l’été
leurs caresses herborisées
depuis la source fraîche née
de la trappe évanescente

I do see more


2009

Rêve

Publié le 20/04/2009 à 12:00 par ceres
A la hache je sépare le chapeau du cœur
reverse la sève dans le cratère des fleurs
puis m’endors ensevelie par la faucheuse

D’un regard je cloue les aurores escrimeuses
sur le ciel vengeur masqué de nuages
puis m’endors frappée par l’orage

A la tenaille je resserre les chaînes du soleil
embrasse ses rayons privés de sommeil
puis m’endors dans l’éveil des flammes

D’un sourire je découpe les âmes
les dispose dans mon œil de marbre
puis m’endors sous le corps de l’arbre


2009

Et sur la croupe de l’aube assoupie

Publié le 19/04/2009 à 12:00 par ceres
A la crinière sauvage du rêve
bravant toutes les enfances imaginaires
je viens à bout des fleurs lacrymales

Ces interdits toujours exigent
de faire du manège solaire
à l’envers des pensées chevauchantes

L’azur piétine les coquelicots repassés
ils saignaient l’été

Juillet et ses gouttelettes opales
font naître le songe verdoyant
une prairie en nuances telluriques
les parfums que s’échangent
les deux saisons des lueurs chaudes

Les couleurs nourrices du cœur
anesthésient les ombres glacées
le noir fuyait de la fresque

Il fuit encore

Mais le jardin discret galope toujours
avec les sourires insulaires
semant les anges
derrière les masques nuageux
et les oiseaux blessés
se cachent dans la nuit
refusant de mourir au réveil de l’aube


2009

http://www.youtube.com/watch?v=H3uUm5L_cBA

Ebauche du capharnaüm au minuit d’un soir

Publié le 10/04/2009 à 12:00 par ceres
1) Ma maison d’un dehors casanier
j’accroche le mur à mes paupières
j’ouvre la clé qui n’a pas de porte
j’enterre le tombeau sous la morte vivante
la serrure appelée je me faufile dés le premier azur entrevoit le jour nocturne
j’ai rempli l’eau des roses en vase
j’ai lu les livres d’un mot isolé ; celui que ma mémoire refuse d’oublier dans son amnésie
j’enfile le pull-over de l’été sur la nudité de l’hiver emmitouflé de gerçures
je scie la liberté à coups de barreaux
je roucoule de peine sur mes chats qui ont retrouvé l’usage des maux
je dépoussière les cendres du cœur gelé
j’écris à l’effaceur d’un regard translucide
le piano démembre ses notes aux musiques des touches : tout commence par un do avant de se terminer par un do

2) Les rêves d’un cauchemar merveilleux
la lune se couche sur la pierre chaude à la tombée de la nuit
je peins le fantôme assoupi des songes fleurdelisés
je m’endors sur le rêve éveillé du sommeil
je clone le sosie de l’ombre amoureuse sur l’univers végétal déparé de ses fleurs sans pétales
j’embrasse le baiser de tes lèvres ouvertes à l’amour
j’éternue nos sexes d’un soleil enrhumé
j’aspire la spirale de collines hallucinantes pour que les vallées dégorgent leur aridité
enfin
je repars me coucher de réveil avec mes horloges dyslexiques d’émois en pagaille

L'amante

Publié le 05/04/2009 à 12:00 par ceres
Je suis l’amante du pianiste stellaire
à la manivelle des larmes
dans les avenues du soleil
qui sait compter jusqu’à trois
avant de devenir statue brûlante
là-haut

Je me dévoile d’étreintes en ré dièse mineur
dans la calèche d’or qui mène aux cieux
endormie sur la crinière de fleurs
comptent en rêve leurs pétales d’hiver
comme les notes leurs triolets lunaires

Je suis l’amante d’une nuit à la Scriabine
avec mes soupirs révolutionnaires
sous les âmes drapées de tempos pressés
étude pathétique dans mon opus imaginaire
ces noires qui hurlent leurs ténèbres blanches
je déroule ma bobine de soupirs
sur la partition des corps amoureux

Je suis l’amante du piano
il offre son aquarelle de cordes bleues
aux nuages qui ont étouffé l’azur
sous un cri lacrymal
au delà de l’extase
et comme mes bien-aimés baroques
« je perdrai plutôt le jour que de me dégager
d’un si charmant amour »


2009

N’ouvre pas les vannes de l’arc-en-ciel

Publié le 04/04/2009 à 12:00 par ceres
N’ouvre pas les vannes de l’arc-en-ciel
on ne sait jamais avec ces larmes solaires
où vont tomber les pluies des petites filles
qui déambulent dans les rues du ciel

Non surtout pas. Ne les ouvre-pas
si tu veux assister au bal des colombes
dans un essaim de nuages un peu fauves
voir rejaillir un jour le flot de l’éternité

Laisse-le fleurir en toutes couleurs
le ruisseau de tes yeux pour ambroisie
à mes lèvres habitées par l’Eden
inverse les troubles des regards

De notre ruche dans l’arbre sans cime
s’échappe le miel de nos amours
les notes céruléennes des cithares
l’orgie des anges sous la lanterne du jour

N’ouvre pas les vannes de l’arc-en-ciel
je ne suis plus une petite fille de la bruine
j’ai grandi dans l’azur barbouillé
de pastels aussi beaux que ton sourire


2009

J’ouvre les volets de la nuit violette

Publié le 03/04/2009 à 12:00 par ceres
J’ouvre les volets de la nuit violette
Pour que les nuages s’épanchent en sueur
que le regard en forme d’amulette
piège tous les baisers dans sa lueur

L’encre du ciel d’une fragrance étoile
S’est répandue dans les yeux du reflet
A l’orée de la larme boréale
Le silence des aubes essoufflées

Je fortifie tous les oiseaux de pierre
D’un peu d’ailes à la plume brûlée
La branche d’oranger d'allure altière
S’épanouit sous un soleil mentholé

Le grand cratère des ombres vermeilles
Laisse trépasser le rouge des bleus
L’azur saigne un peu plus dans son sommeil
Le rêve pousse les veines à fleur de feu


2009


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