Poemes paysages
Posté le 08.10.2007 par ceres
Etre ta lune gorgée d’étoiles
de mer en éclipses nocturnes
faire danser l’être aimé
sur tes roches stoïques
aux amours lettrés mais
Etre ta voile en dentelles turquoises
ta vague de soleil assoiffé
à l’érosion de ta craie éternelle
au goût d’algues enneigées
écrire les saisons dénudées
Etre ta force au vent errant
sur tes strates légendaires
guider les mots des poètes
sur ton incisive sobrement allègre
mordre les paysages à l’infini
Etre ta foudre aux lèvres azurées
un galet solitaire sur ton sommet
au naufrage de mes pensées
un baiser dans ton abîme
au cœur érodé puis
Etre ta vie perpétuelle dans tes ombres
un oiseau pêcheur de ton église
expiant mon âme à l’horizon
sur tes falaises dévorées
ton corps de larmes telluriques
2007
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Posté le 17.09.2007 par ceres
J’œuvre pour un havre de guerre
Dans ma ville aux falaises écorchées
Une bataille entre galets desséchés
Par un soleil qui ne vient qu’en hiver
Nos bateaux n’aiment que l’Angleterre
Ses ports musées de mes peurs
Et tous les cieux volent la vapeur
D’usines aux couleurs sédentaires
J’œuvre pour un Havre ci-gît
A compter les platanes de Perret
Sur nos avenues de béton aéré
Embrasés par une céleste bougie
Notre mer d’animaux salés
Emporte des voiliers de nuages
Vers un horizon dont le visage
Abrite un cœur fermé à clé
J’œuvre pour un Havre Mystique
En marchant sereine sur l’eau
A la faveur de Notre Dame des Flots
Dans son église de craie biblique
A écrire l’histoire des héros
D’une ville phœnix en prière
A reconstruire les lambeaux de pierre
A la mémoire de nos maux
2007
Posté le 03.09.2007 par ceres
Je suis allée détester Rouen aujourd’hui
Me noyer dans un paysage de vitraux
Tous comme les autres jours de nuit
Eteindre la sombre lumière du métro
Rassembler les murs des rues trop étroites
Qui se parlent d’oublis à travers les barreaux
Jouer avec le lapin du monsieur abandonné
Vider la Seine navale dans sa course moite
D’avoir transpiré toutes ses peines surannées
Je suis allée détester Rouen ce jour d’été
Ses parcs abritant des statues de croix
Afin que mon ombre d’ailleurs puisse hanter
Les soleils enfermés ayant pris le froid
Prêter mon cœur à une horloge médiévale
Si seule là-haut dans son beffroi
Pour battre la mesure des pas toujours pressés
Donner à son visage un air de carnaval
Et oublier de cette ville l’âme oppressée
2007
Posté le 01.09.2007 par ceres
Voyageurs de nuits blanches comme de jours noirs
Emportant leurs rêves inachevés dans les trains corail
Délaissés aussitôt dans les chuchotements de couloir
Les regards eux ne s’éclipsent que pour rejoindre la grisaille
Et chaque fois toujours la même scène, la Seine
Où se reflètent les paysages brumeux des aurores
Les visages épuisés dans le crépuscule ébène
Et le train continue sa route dans les mêmes décors
Et le train circule sur cet infini échiquier céleste
Sur ces cases jamais trop noires et jamais trop blanches
La nuit où les hivers invitent à mettre une veste
Le jour dans l’été pouvant prendre sa revanche
La nuit où les matins embrassent des soirs fatigués
Où les rois et les reines ne peuvent s’éveiller à l’amour
Et les fous un peu trop censés toujours aux aguets
Du retard des aiguilles d’horloge faisant trop vite le tour
Le jour où les regards se rencontrent et se perdent
Se perdent et se rencontrent dans les lendemains
Mais que le temps au rythme du voyage souvent oblitère
Comme si le train avait perdu un inoubliable chemin
2006
retravaillé en prose
Rouen Paris Rouen
Les Voyageurs de nuits blanches et de jours noirs,
emportent leurs rêves inachevés dans les trains corail.
Les regards ne s’éclipsent que pour rejoindre le sommeil,
abandonnant le reflet des chuchotements de l’ombre.
Chaque fois toujours la même scène, la Seine
défiant les paysages brumeux de l’aube,
marié aux visages des crépuscules ébènes,
alors que le train poursuit un horizon fugitif
Le train circule toujours sur cet échiquier céleste,
sur ces cases parfois noires parfois blanches,
de nuits d’hiver s’habillant de soleils timorés
de jours d’été aux lunes incandescentes.
La nuit matinale embrasse des soirs fatigués.
Les rois et les reines ne peuvent s’éveiller à l’amour,
et les fous un peu trop censés toujours aux aguets,
du retard d’horloges aux aiguilles tourmentées.
Le jour où les regards se rencontrent et se perdent,
se perdent et se rencontrent dans les lendemains,
mais que le temps au rythme du voyage oblitère
comme si le train avait perdu un inoubliable chemin.
2007
Posté le 26.08.2007 par ceres
Quand les paysages prennent la forme d’un visage
La haine est un sourire invisible qui brille la nuit
Et l’amour une grimace qui se veut un éternel hommage
Le Havre est un paquebot amnésique perdu sur la terre
Une île de galets où nagent des mouettes musiciennes
Un refuge pour le vent dans sa complainte solitaire
Rouen est un puits qui collectionne les croix
Une immense cathédrale où Dieu baille d’ennui
Dans chaque rue d’ombre où le temps est si étroit
Paris est un monument pris d’assaut par des extraterrestres
Un grand magasin où se perdent des nounours mal-aimés
Une Seine où l’on organise des randonnées pédestres
Quand les paysages prennent la forme de la folie
Laissant hurler derrière ses barreaux l’indifférence
L’amour et la haine en sont les Geôliers affaiblis
2007
Le Havre
Rouen
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