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Par Ceres, le 15.09.2009

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Poèmes paysages

Le Havre et Rouen

Publié le 25/09/2009 à 22:40 par ceres
Ma ville bétonnée aux volcans blancs
qui n'est pas celle aux cent clochers
avec leurs orgues discordantes
ni le gris effleuré par l'âme des soleils tremblants
Non, tu n'es pas celle d'un nuage sédentaire
qui déverse sa pluie, ses brumes sanglantes
ni la fissure des murs qui crachent
leurs blessures sur le sourire des passants.

Ma ville bétonnée à l'essence de Perret
tu es celle que j'aime malgré tout
et malgré moi toujours au coeur de l'estuaire
avec les ricochets de mon passé
sur mes regards absents
tu es celle que j'aime au delà des cieux
au cri d'une mouette argentée
l'impasse de mes reflets profanés
par l'ombre d'une mémoire
j'avais levé l'encre de la mélancolie
tu es celle que j'aime malgré tout
et malgré moi
que j'ai aimé dès mes premiers pas
surtout que l'autre...Je ne l'aimerai jamais !


Je suis allée visiter la pluie ce matin

Publié le 16/08/2009 à 19:53 par ceres
Je suis allée visiter la pluie ce matin
à vingt degrés sous les nuages
sans l’ombre d’un regret
j’ai pu tout dire à la ville sombre

Avec un peu d’été sur les paupières
je suis allée pleurer les années
un dernier regard sur les pierres
édifiées avec le cœur suranné

Et puis rejoindre mon rêve
où l’eau ne règne plus sur le visage
mais sur la terre et ses lèvres
dans le bleu qui fait naufrage

La ville crie sous les vagues
sonne les cloches immergées
ne reste que l’onde sanguine
les murs fissurent leurs sourires


2009

http://www.youtube.com/watch?v=q2uWIGMUpnA

Vois c'est Paris

Publié le 03/08/2009 à 00:53 par ceres
Vois c’est Paris qui sonne
le cœur
de nous quitter à l’heure
sous la pluie des nuages en deuil
Place de la Bastille
qui se souvient
des échafauds dressés
pour les anges écarlates

Vois c’est Paris qui se souvient
des fleurs
que l’on jetait des pleurs
sous l’envol des rues froides
Jardin des Tuileries
où les statues attendaient
leur existence humaine
à l’ombre des arbres

Vois c’est Paris qui vit
se meurt
de pâles humeurs
sous l’histoire des amours
Gare saint Lazare
où se font et défont les trains
de nos errances éternelles
les pas perdus sur la ville rêveuse


2009

Sur la cartographie d’un visage idolâtré

Publié le 06/06/2009 à 20:24 par ceres

On se noie dans deux lacs jumeaux à l’abysse infini,

pour qui ne sait nager dans le bleu clair.

Dans l’un c’est reflet d’une étreinte,

dans l’autre sa vérité éteinte.

 

On escalade une montagne qui respire l’oubli

et les parfums de fleurs manuelles ;

celles qui naissent à l’ombre du cœur,

que des doigts amoureux caressent

d’une tendre saison en pleurs.

 

On s’endort dans les plaines au doux relief,

le temps d’un nuage d’hiver

qui fredonne le rêve blanc à température

d’ impossible zéro, au dessus des normales printanières.

 

Puis on tombe dans la marnière d’un baiser

à l’haleine tellurique,

avant de s’endormir à mille pieds

au dessous de l’amour.

 

2009

Sur le gris de l’échiquier

Publié le 20/03/2009 à 12:00 par ceres
Les nuages déchirés par l’orage,
Saupoudrent le vent d’une brume grise.
Nuits et jours mordent tous les paysages,
Pour des cœurs qu’une couleur brise.

Les larmes s’échappent de la gargouille
Et inventent la recette des pluies.
Le temps lui cicatrise sur la rouille
De la pénombre tombée dans le puits.

Les oiseaux pressés, ces chevaux du ciel,
Brassent la terre d’une folle envolée.
Ils reviennent dans une danse plurielle,
Toujours au printemps d’un rêve étoilé.

Nous avançons lentement sur la terre
Quadrillée de lunes et de soleils,
Rois chanceux des fleurs baignées dans leur vert.
L’aube a retrouvé sa cape vermeille.


2009

Rue du nounours

Publié le 23/02/2009 à 12:00 par ceres
« J’habite rue du nounours amputé de son sourire.
Cela vous dit quelque chose,
là où j’ai oublié mes amours
sur la dalle tâchée de ciel.
Les murs sont peints de soleil usé.
Les passants eux prêtent leurs souliers
au temps pressé d’arriver à la fin de l’impasse.
Moi, j’emmène la poupée blessée
dans la clinique des marionnettes cosmopolites.
Elle a perdu son chapeau lilas
la protégeant de l’ombre lacrymale.
Le marchand de glaces parfum nuage,
déserte les étés un peu trop à l’étroit,
pris au piège entre les immeubles
qui s’étreignent de rage, le jour comme la nuit.
Les antiquaires s’amusent aux rois désargentés,
assis dans leur fauteuil style préhistoire romantique.
Les robes de mariée parmi la poussière lunaire,
attendent leur mal-aimé.
Les bibelots de chat en porcelaine
dans leur boutique d’époque féline,
regardent les autres minous du dehors
n’ayant que le droit d’errer
dans la ruelle sous les poutres ensanglantées.
Toutes les couleurs en autarcie,
les jouets des enfants voyageurs,
forment l’arc-en-ciel invisible.

Approchez. J’ai un secret à vous dire.
Venez près de moi. Plus près.
Ecoutez.

Un jour, je partirai avec le nounours
amputé de son sourire d’été,
les amours en graffiti sur le pavé.
Pour toujours, nous guérirons
dans la profondeur du vide ».



« J’habite rue du nounours amputé de son sourire. Cela vous dit quelque chose ? Là où j’ai oublié mes amours sur la dalle tâchée de ciel. Les murs sont peints de soleil usé. Les passants eux, prêtent leurs souliers au temps pressé d’arriver à la fin de l’impasse. Moi, j’emmène la poupée blessée dans la clinique des marionnettes cosmopolites. Elle a perdu son chapeau lilas la protégeant de l’ombre lacrymale. Le marchand de glaces parfum nuage, déserte les étés un peu trop à l’étroit, pris au piège entre les immeubles qui s’étreignent de rage, le jour comme la nuit. Les antiquaires s’amusent aux rois désargentés, assis dans leur fauteuil style préhistoire romantique. Les robes de mariée parmi la poussière lunaire, attendent leur mal-aimé. Les bibelots de chat en porcelaine dans leur boutique d’époque féline, regardent les autres minous du dehors n’ayant que le droit d’errer dans la ruelle sous les poutres ensanglantées. Toutes les couleurs en autarcie, les jouets des enfants voyageurs, forment l’arc-en-ciel invisible.

Approchez, j’ai un secret à vous dire ! Venez près de moi ! Plus près !
Ecoutez… Un jour, je partirai avec le nounours amputé de son sourire d’été,
les amours en graffiti sur le pavé. Pour toujours, nous guérirons dans la profondeur du vide ».


2009

Un Havre phœnix

Publié le 17/09/2007 à 12:00 par ceres
J’œuvre pour un havre de guerre
Dans ma ville aux falaises écorchées
Une bataille entre galets desséchés
Par un soleil qui ne vient qu’en hiver
Nos bateaux n’aiment que l’Angleterre
Ses ports musées de mes peurs
Et tous les cieux volent la vapeur
D’usines aux couleurs sédentaires

J’œuvre pour un Havre ci-gît
A compter les platanes de Perret
Sur nos avenues de béton aéré
Embrasés par une céleste bougie
Notre mer d’animaux salés
Emporte des voiliers de nuages
Vers un horizon dont le visage
Abrite un cœur fermé à clé

J’œuvre pour un Havre Mystique
En marchant sereine sur l’eau
A la faveur de Notre Dame des Flots
Dans son église de craie biblique
A écrire l’histoire des héros
D’une ville phœnix en prière
A reconstruire les lambeaux de pierre
A la mémoire de nos maux


2007

Rouen...

Publié le 03/09/2007 à 12:00 par ceres
Je suis allée détester Rouen aujourd’hui
Me noyer dans un paysage de vitraux
Tous comme les autres jours de nuit
Eteindre la sombre lumière du métro
Rassembler les murs des rues trop étroites
Qui se parlent d’oublis à travers les barreaux
Jouer avec le lapin du monsieur abandonné
Vider la Seine navale dans sa course moite
D’avoir transpiré toutes ses peines surannées

Je suis allée détester Rouen ce jour d’été
Ses parcs abritant des statues de croix
Afin que mon ombre d’ailleurs puisse hanter
Les soleils enfermés ayant pris le froid
Prêter mon cœur à une horloge médiévale
Si seule là-haut dans son beffroi
Pour battre la mesure des pas toujours pressés
Donner à son visage un air de carnaval
Et oublier de cette ville l’âme oppressée


2007











Rouen Paris Rouen

Publié le 01/09/2007 à 12:00 par ceres
Voyageurs de nuits blanches comme de jours noirs
Emportant leurs rêves inachevés dans les trains corail
Délaissés aussitôt dans les chuchotements de couloir
Les regards eux ne s’éclipsent que pour rejoindre la grisaille

Et chaque fois toujours la même scène, la Seine
Où se reflètent les paysages brumeux des aurores
Les visages épuisés dans le crépuscule ébène
Et le train continue sa route dans les mêmes décors

Et le train circule sur cet infini échiquier céleste
Sur ces cases jamais trop noires et jamais trop blanches
La nuit où les hivers invitent à mettre une veste
Le jour dans l’été pouvant prendre sa revanche

La nuit où les matins embrassent des soirs fatigués
Où les rois et les reines ne peuvent s’éveiller à l’amour
Et les fous un peu trop censés toujours aux aguets
Du retard des aiguilles d’horloge faisant trop vite le tour

Le jour où les regards se rencontrent et se perdent
Se perdent et se rencontrent dans les lendemains
Mais que le temps au rythme du voyage souvent oblitère
Comme si le train avait perdu un inoubliable chemin


2006

retravaillé en prose

Rouen Paris Rouen

Les Voyageurs de nuits blanches et de jours noirs,
emportent leurs rêves inachevés dans les trains corail.
Les regards ne s’éclipsent que pour rejoindre le sommeil,
abandonnant le reflet des chuchotements de l’ombre.

Chaque fois toujours la même scène, la Seine
défiant les paysages brumeux de l’aube,
marié aux visages des crépuscules ébènes,
alors que le train poursuit un horizon fugitif

Le train circule toujours sur cet échiquier céleste,
sur ces cases parfois noires parfois blanches,
de nuits d’hiver s’habillant de soleils timorés
de jours d’été aux lunes incandescentes.

La nuit matinale embrasse des soirs fatigués.
Les rois et les reines ne peuvent s’éveiller à l’amour,
et les fous un peu trop censés toujours aux aguets,
du retard d’horloges aux aiguilles tourmentées.

Le jour où les regards se rencontrent et se perdent,
se perdent et se rencontrent dans les lendemains,
mais que le temps au rythme du voyage oblitère
comme si le train avait perdu un inoubliable chemin.


2007

Les paysages fous

Publié le 26/08/2007 à 12:00 par ceres

Quand les paysages prennent la forme d’un visage
La haine est un sourire invisible qui brille la nuit
Et l’amour une grimace qui se veut un éternel hommage

Le Havre est un paquebot amnésique perdu sur la terre
Une île de galets où nagent des mouettes musiciennes
Un refuge pour le vent dans sa complainte solitaire

Rouen est un puits qui collectionne les croix
Une immense cathédrale où Dieu baille d’ennui
Dans chaque rue d’ombre où le temps est si étroit

Paris est un monument pris d’assaut par des extraterrestres
Un grand magasin où se perdent des nounours mal-aimés
Une Seine où l’on organise des randonnées pédestres

Quand les paysages prennent la forme de la folie
Laissant hurler derrière ses barreaux l’indifférence
L’amour et la haine en sont les Geôliers affaiblis


2007

Le Havre





Rouen



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