Poemes divers
Posté le 19.06.2008 par ceres
J’ai vieilli de trois arbres
Dans ces nuages rouges d’hiver,
échangé un fou contre un moi
dont le miroir se vide de l’enfer.
Au trépas de la branche,
l’étoile a encore pâli ;
sur ses fugues, une valse,
celle de l’aube ensevelie.
J’ai repeuplé le cimetière,
de tous les soleils fleurdelisés,
un après-midi bavard de prières
dans le regard des croix fébriles.
Sous la terre, juste une voix :
la larme a enfin parlé,
délivre son cœur en bois
dans ces ruines oubliées.
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Posté le 06.06.2008 par ceres
Quand me ferez-vous mourir
Larmes de mer estivale,
Le vide peint des sourires
Annonçant l'espoir glacial.
Et dans le ciel oublié,
Chaque âme est une histoire,
Aux amours un peu mouillées
Par une pluie de sang noir.
Quand me ferez-vous partir
De la tombe en terre pâle,
Sur le soleil s'endormir
Dire toujours aux étoiles
A toi l'ombre de la nuit,
Dis-moi quand vais-je jouer
avec langueur au pertuis
Du regard fou...Émietté
Quand me feras-tu martyre
De cette mort si vivante,
Chaque refrain des soupirs,
Dit jamais et me hante.
Posté le 29.03.2008 par ceres
Dédié à Mline
Poulpémliner
Un verbe à faire pleurer la Seine
De cœur soûlé d’eau trouble
Un croissant de soleil double
S’embrassant du baiser d’Eden
Poulpémlinette
Un surnom qui n’a pas de non
Aux bleus des sangs royaux
Brille le regard comme un joyau
D’aube aux larmes du canon
Poulpémlinamment
Un adverbe au sang sentiment
A l’encre des danses nocturnes
Sous le clin d’œil de Saturne
Où s’écrivent aux Lys des amants
Poulpémlinée
Un adjectif aux féminines tentatives
A huit pour mille explose la poudre
Des joues aux lèvres captives
Qu’un effleurement ne peut résoudre
Poulpémline
Un nom peu commun pour une pie
Oeuvrent des mots en zigzag
Pour en masquer le velours impie
Aux salives qui font des vagues
2008
Posté le 23.02.2008 par ceres
Ma braise au sable couchant
Cachée sous le soleil d’hiver
Refroidit son feu alléchant
D’un coup de fou à l’envers
Au Vol de vagues amères
Des larmes au visage tranchant
Vident ses regards éphémères
Au sang des cœurs touchants
Vite, cours, disparaît aux cieux
Des fleurs toujours en haleine
Les anges déchus vains messieurs
Des tombeaux de vie à la traîne
2008
Posté le 27.01.2008 par ceres
Quand les tulipes cachent des épines
Au cratère d’été du cœur pastel,
Le soleil n’est que goutte d’eau chagrine
Et ses rayons coulent en vague ciel.
Et si la voix dit j’accepte ton toi,
Avec larmes feintes au sourire d’hiver,
Doit-on la croire et exposer son moi
Aux armes défuntes de vains calvaires ?
Lisse apparence telle la peau de fleur,
S’ouvre, écoute le temps d’une saison ;
Puis abandonne. Silence en douleur,
Ferme les yeux vers un autre horizon.
Tolérance s’est noyée dans le Tollé, rance
D’avoir humé le parfum de la faux. Se tait
Voix félonne au masque d’innocence.
Ô murs neigeux de veines encroûtées !
2008
Posté le 28.12.2007 par ceres
Coupable ! Le sang noir du vitrail
Coulant au millénaire pétrifié.
Des cœurs-neige sans gouvernail
Naviguent en rouge momifié !
Coupables ! Soldats vêtus de fleurs,
Oubliant dans leur hymne sacré,
Tous les mots qui n’ont pas de couleurs,
A la sueur d’un soleil massacré !
Coupable ! Le satin des poupées,
Boucles blondes à la floraison,
L’hiver les cueille en son échappée,
Pour voir briller, larmes d’horizon.
Coupables ! Les pluriels d’un sourire,
Offrant au puits des saisons mortes ;
L’archet du violon, d’un soupir
Azuré, a fermé les portes !
Posté le 25.12.2007 par ceres
A la jeune épousée des fontaines vierges :
Suit le cours sinueux des veines asséchées ;
Et que l’astre immergé ravive son cierge,
Devant la fresque des corps aux fleurs écorchées !
Rivières de vent froissé, aux lèvres blanches,
Voguent les visages aux abysses d’hiver,
Coulant encore dans le cœur de nos dimanches.
Attends la nuit ! Beau matelot de l’enfer !
Solitaire madone des chambres brûlées :
Dans son lit de neige aux draps de Séraphin,
Aux amours calcinés d’ange au sexe ailé,
Ont omis de boire la source du parfum !
2007
Posté le 04.12.2007 par ceres
Dans le tiroir des blessures j’ai rangé
Ma peau de sourires rétrécie à l’azur
Quelques larmes aux alentours du cœur
Oubliées à l’ombre de nuages marins
Dans un champ de lunes j’ai glissé
Des blés sûrs de leur éclat coloré
Nos tête-à-lèvre au goût d’automne
Et quelques fleurs de ton regard fauve
Dans le piano dyslexique j’ai caché
Nos voix à la solitude fébrile
Des cascades de notes balbutiées
Dans ton cou au bois brûlant
Dans l’arbre valseur j’ai divagué
Du tronc au ciel abrité de toi
Enlacées nos feuilles bavardes
Des mots jetés à la terre pensante
Dans un bâillement hippique j’ai soupiré
Un silence au bord de l’épuisement
Un galop d’ange trouble
Sur les ailes du désir rassasié
Posté le 23.11.2007 par ceres
Dans le cœur des hommes au sang séché.
Son fantôme sur le tombeau des fleurs,
Dépose le silence des pêchés.
Aux cris du ciel, la vie n’est qu’un leurre !
Dieu est la faux des enfants en pleurs,
Dans l’au delà d’une saison noire ;
Endormis dans le cimetière. Douleur,
Génocide des sourires d’espoir.
Adam et Eve à l’éternité feinte,
Abîmés leur rêve d’Eden fruité ;
Le créateur des lueurs défuntes
A convolé avec le diable hanté.
Dieu dans ses grandes maisons ogivales,
Fait ses adieux aux pantins terrestres,
Suspendus aux fils d’un sombre carnaval,
Que l’amour et la haine séquestrent.
Dieu a perdu la foi dans ses nuages !
Bavard jadis, dans tous les esprits.
L’océan a englouti les rivages,
Des âmes blanches qui n’ont pas de prix.
Dieu est mort ce soir. Abandonné,
A la rage vive des morts-vivants,
En duel contre le paradis damné,
Dévoré aux entrailles de l’Avent.
2007
Posté le 18.11.2007 par ceres
Pierrot s’est maquillé de mes soupirs,
A l’envol des papillons migrateurs ;
Cachant ses larmes dans un doux sourire,
A mi-chemin d’un soleil dictateur.
Fleuve noir au souvenir d’un visage ;
Enfant-goutte bercée de lune blonde.
Masqué au cœur d’un brumeux paysage,
Pierrot décroche l’étoile du Monde.
Fresque, Venise aux paillettes sombres,
Valse dans la foule au sang carnaval ;
Les couleurs nocturnes des décombres,
Peignent la mort des lèvres estivales.
A bas le masque des regards de Lys !
Aux je t’aime vierges du vrai amour,
Jetez vos fleurs qui saignent d’un supplice !
Pierrot bouffon repart seul, le cœur lourd…
2007
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