Poemes divers
Posté le 23.11.2007 par ceres
Dans le cœur des hommes au sang séché.
Son fantôme sur le tombeau des fleurs,
Dépose le silence des pêchés.
Aux cris du ciel, la vie n’est qu’un leurre !
Dieu est la faux des enfants en pleurs,
Dans l’au delà d’une saison noire ;
Endormis dans le cimetière. Douleur,
Génocide des sourires d’espoir.
Adam et Eve à l’éternité feinte,
Abîmés leur rêve d’Eden fruité ;
Le créateur des lueurs défuntes
A convolé avec le diable hanté.
Dieu dans ses grandes maisons ogivales,
Fait ses adieux aux pantins terrestres,
Suspendus aux fils d’un sombre carnaval,
Que l’amour et la haine séquestrent.
Dieu a perdu la foi dans ses nuages !
Bavard jadis, dans tous les esprits.
L’océan a englouti les rivages,
Des âmes blanches qui n’ont pas de prix.
Dieu est mort ce soir. Abandonné,
A la rage vive des morts-vivants,
En duel contre le paradis damné,
Dévoré aux entrailles de l’Avent.
2007
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Posté le 18.11.2007 par ceres
Pierrot s’est maquillé de mes soupirs,
A l’envol des papillons migrateurs ;
Cachant ses larmes dans un doux sourire,
A mi-chemin d’un soleil dictateur.
Fleuve noir au souvenir d’un visage ;
Enfant-goutte bercée de lune blonde.
Masqué au cœur d’un brumeux paysage,
Pierrot décroche l’étoile du Monde.
Fresque, Venise aux paillettes sombres,
Valse dans la foule au sang carnaval ;
Les couleurs nocturnes des décombres,
Peignent la mort des lèvres estivales.
A bas le masque des regards de Lys !
Aux je t’aime vierges du vrai amour,
Jetez vos fleurs qui saignent d’un supplice !
Pierrot bouffon repart seul, le cœur lourd…
2007
Posté le 16.11.2007 par ceres
J’ai subi une chirurgie lexicale
Afin de punir tous les mots ennemis ;
Lavé mon cerveau en fond de cale
Par quelques vagues à l’âme endormie.
Vivante par cette cure des maux,
A désaimer le mal, songe dément,
A valser avec son propre écho,
Au rythme de nos silences amants.
J’ai maquillé son pauvre cœur en terre
De ma névrose en baisers, ivres.
Tremblantes nos lèvres sédentaires,
De ne pas avoir su, en nous, vivre.
Morte là-bas d’avoir enfin aimé,
Blottie contre mon rêve autiste,
Je dois choisir mon aube inhumée
Parmi une myriade de nuits tristes.
J’ai déguisé un soldat en poupée,
Déposé dans ses yeux des dentelles
Afin de fuir ses assauts à l’épée.
Transformé la plaie vive en sang pastel.
Morte-vivante dans mes cendres gelées
Quand le soleil bat dans sa poitrine,
A renier toutes nos étoiles brûlées
Par ses viriles envies assassines !
2007
Posté le 11.11.2007 par ceres
J’ai recousu à l’encre de mes larmes,
Le ciel aux fissures d’un cœur-personne;
Vaincu quand le regard a pris les armes,
A l’aube d’un silence au sang aphone.
Un canon épuisé sans poudre aux yeux
Pour pleurer ses morts, sombres épousailles
D’un été obscur à l’hiver soyeux,
Aux victoires démentes sans bataille.
J’ai guéri la blessure de tes flammes,
Au Parnasse d’une fleur pharaonne ;
Guerrière des fleuves où jaillit l’âme,
D’un trépas à la couleur de l’automne.
Une balle perdue entre nos veines
Et terre brûlée de l’éphémère enfance ;
A courir éperdue à perdre haleine,
Oublier qu’un sourire est une offense.
J’ai cicatrisé nos ombres solaires,
A l’azur noir d’un lacrymal orage ;
Visage stoïque aux rayons polaires,
Douleurs endormies en leur sarcophage.
2007
Posté le 02.11.2007 par ceres
A force de piocher la lune suzeraine
En baisers de mots imaginaires
Je fais des caresses muses souveraines
En mes saisons du cœur millénaire
A force d’engendrer des nuages romanesques
Contant leurs voyages aux fleurs ombragées
Les anges dans l’azur gigantesque
Boivent les larmes d’ombres âgées
A force de marcher sur un soleil glacé
Endormi dans la neige de mes veines
Les regards de ces méandres embrassées
S’étouffent harassés en trépas d’amen
A force de moudre le sable mouvant
En roses d’un désert sanguinaire
L’encre des abîmes conquérants
Esquissent des âmes sublunaires
A force de damner les silences marins
A voguer sur l’amer sommeil
Les rêves dans les jours souterrains
Ne sont que messages en bouteille
2007
Posté le 28.10.2007 par ceres
Exploration. Des corps à l’encre de nuit
Des Moi à moitié nus exposés
Dans les yeux de buveurs au puits
Des larmes en gouttes embrasées
Exportation. Des regards en silhouettes félines
Des Toi en toiles vierges discrètes
A répandre des soleils de grâce divine
Dans ma pénombre de carcasses secrètes
Explosion. Des baisers créés à la plume
Des Nous en nounours centenaires
Au sourire cassé que le temps exhume
Aux curieux d’euphorie imaginaire
Exploitation. Des mains à la cire de lune
Brûlées à l’obscurité des étreintes
Des rêves de notes à la lueur brune
Eteinte quand Nous est une fleur défunte
Exposition. Des amours en poussière de tiroir
Au je des maux emprunté à la fantaisie
Comme as sang sœur en mémoire
Qui montent et descendent au cœur-poésie
2007
Posté le 17.10.2007 par ceres
Il fait si noir en ce jour ensoleillé
Où les araignées tissent leur ciel
Avant de goûter la chair habillée
D’abîmes au goût de miel
Il fait si rouge sur ta peau au sel
Caressant les vagues sibyllines
Où chaque rêve sur leur balancelle
Surfe sur les stèles marines
Il fait si mauve dans tes yeux de nuit
Et les maux velus de soifs hadales
Nagent ivres vers le pertuis
D’orgasmes aux ombres féodales
Il fait si blond dans ta crinière de lune
Aux chemins parsemés de mousse
Sur le désert souverain des runes
A déchiffrer tes agonies aigre-douces
Il fait si rose dans ton sommeil fauve
Et ton hâle colle au visage d’été
Où fleurs délivrent parfums d’alcôve
Au bourbon d’une reine chasteté
Il fait si bleu en ton cœur vacillant
Couronné d'extases joyeuses
En philtre d’amour ondoyant
Où s’achètent couleurs capiteuses
2007
Posté le 15.10.2007 par ceres
Ô capitaine à l’épave verbale
Nageant dans ses os nombrilistes !
Ô matelot de ses mers en fuite
Ruisselant masculines épopées !
Ô moussaillon des navires perdus
Dans son miroir flottant de lune !
Ô cœur d’écume de dunes salées
Aux états dames soumises, captives…
Du fond abyssal où tu l’avais jetée
Se lève la femme à l’hydre sentencieuse
Et déchirant son voile face à tes armées
De nains pétrifiés, se lève glorieuse :
Ô petit con rivé à la Terre enflée
Du cratère au cerveau noyé dans la vase
De fleurs sous-marines trop souvent fanées
Sous les coups incisifs de tes phrases…Egotiste !
Ô petit dealer de mots d’ego
De soleil assoiffé en argot
Sur tes rives d’amer ivre
Vois : tes mots… En alluviaux-tombeaux
Paroles léthifères, soifs telluriques
Ouvrant les cratères de tes mânes putrides
A l’endroit des filles au sourire des roses,
Déchoît : sangsue aux discours surannés.
Héros solitaire d’un Moi
Treizième en son calendrier
Comme le cadavre d’une Cassandre
Vois, tes mots, en naufragés dérivent…
Forêt de flots vimaires
En radeau telle la méduse dégonflée
Vogue sur tes vagues hadales
Prenant la tempête d’un soufflet.
Echoué en râteau lunaire
A ratisser les maux charognes
Le squelette de ton ombre amère
Repose à la gloire des Gorgones.
En collaboration avec margo
deux titres :
-La volte marine
-Plongées sous-machistes
2007
Posté le 13.10.2007 par ceres
Cuisinons ensemble quelques chiffres pairs
Deux par six dans le récit pillant le vide
Soupirs mesurés aux joyeux somnifères
Sur l’abscisse de mes désirs avides
Un peu de sang aux globules ciel
De l’infini et ses brumes insolubles
Des mots sauvages comptés au pluriel
Fleurs musicales en un trouble dissoluble
Des envies dans les flammes isocèles
Fermées à la clé d’un pauvre cœur rythmé
A la fuite des métronomes criminels
D’avoir multiplié silences abîmés
Recette des étreintes perpendiculaires
A l’aube noire de nuits valseuses d’oublis
L’amour est une équation patibulaire
Boitant à l’envol de violons en folie
Gâteau au sucre d’attentes décimales
Des jours aspirés en virgule de saison
Des larmes sonores puissance maximale
Aux passions soustraites à la douce raison
Calculs indigestes à la peine exponentielle
Sur délices innombrables en rhapsodie
Petits délires de rêves proportionnels
A la portée d’un vaguement nous maudit
2007
Posté le 03.10.2007 par ceres
J’ai égaré mes chaussons dans le frigo
Trop occupée à compter les névroses
Que l’été dessine dans son alter-ego
En un paysage à l’œil au beurre rose
Mal à l’aise dans mes pompes funèbres
Dévêtue de ma crinière de nuages
Mes yeux écrivent quelques ténèbres
Au soleil d’une mort un peu trop sage
Mes lacets défaits à l’ombre enlacée
Aux nœuds dédale des fauves alcôves
Où désirs expirent en lèvres embrassées
J’oublie que les nuits noires sont mauves
L’été chaud sûr de son royal pouvoir
Se dépare de ses couleurs sombres
Pieds-nus à l’ivresse grisante d’ un soir
D’un coin de jour dans la pénombre
Dans l’au delà de la chaussée d’écume
Les larmes noyées nues dans le cœur
Composent des mots aux vagues de brumes
Où le temps s’enivre fou dans la douleur
2007
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