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Par Ceres, le 15.09.2009

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Poèmes Nature

Elle est revenue

Publié le 05/11/2009 à 21:36 par ceres
Elle est revenue
celle qui écrivait le chêne
à l’orée d’un regard perdu
avec un peu de nues
surpeuplées de fantômes arc-en-ciel
oui elle est revenue
avec ses dimanches ensoleillés de lune
un clair-obscur de cimes étoilées

Que savait-elle à part l’arbre
si ce n’est que l’augure d’un adieu
elle qui dormait sur l’écorce fruitée
oui que savait-elle
à part l’amour de l’enfant sylvestre
ses poupées de fleurs
ses fourmilières de cieux

Il faisait toujours automne dans l’été
les pétales n’avaient pas fini de valser
avec l’hymen d’un émeraude fragile

Un jour l’enfant partit dans une éclipse
à l’envol de la coccinelle magicienne
et devint à son tour l’âme de la forêt


2009


Le bal des chats et des oiseaux

Publié le 03/06/2009 à 20:53 par ceres

C’est une épidémie de mains amoureuses

elles bourgeonnent dans l’abysse céleste

une maladie de fleurs séraphiques

se propage dans le continent comptant ses soleils

il existe des coquelicots marins

dans l’imaginaire des vies qui se racontent avec les vagues

 

Et pendant que les pétales poussent dans les poèmes

on voit des chats à la valse oiselante

dans les jardins où l’hiver ne peut entrer

une dentelle décousue à la saison glace

 

Les oiseaux lisent en braille sur les branches ébènes

la sève évanouie du baiser de la foudre

 

Est-ce une eau qui se lit à l’envers

ou un hymne au vertige dégriffé

 

Après la danse que reste-il

peut-être

un peu de rouge sur le sable d’Eden

une plume félinement énamourée

 

2009

Pèlerinage de pétales

Publié le 13/05/2009 à 12:00 par ceres
Jeudi se veut montagne de lys
sauve le seul jour qui pleure
de prairies au ciel d’or
et ferraille à coup de fleurs
lundi toujours prêt à l’aurore

J’attends dans ma gare de roses
le sourire qui déraille de mélancolie
avec ses au revoir de jour et de nuit
ses kiosques de mots un peu moroses
avant le départ pour l’ancolie

Mon œil défaille de glaïeuls
aux silhouettes drapées de voyages
le vase est-il la prison des bouquets
leur vie est un sarcophage
un souvenir d’été en bosquet


2009

Homicide

Publié le 09/05/2009 à 12:00 par ceres
Indemnes
personne ne meurt "vraiment" dans l’histoire
si ce n’est nous un peu plus chaque seconde
notre ombre déférée en vue d’un homicide florifère
là dans le massif des idées sans cerveau
qu’avons nous fait
si ce n’est effleurer les pétales des roses
une à une lentement
pendant un été chancelant de soleil
où l’étreinte n’était plus à prouver
aux parfums de la saison
piétiner les corolles
pour un souffle condamné à perpétuité
à expier la danse de nos corps pris de diable
un instant de rêve
vengées par les ronces
pénètrent le sourire du cœur
d’une lame tranchante de vérité

Vivants
pour une petite mort du peu à peu
agonisent les calices des prunelles
un peu plus chaque seconde
qui revient sur le souvenir de nos amours
inculpés d’infanticide floral
à la fin de l’été
bourgeons auraient vécu le temps d’un trépas
en automne
fermer les yeux aux petites fleurs
à peine écloses
ne pas voir la fin de la fin
et la nôtre
en même temps qu’une saison
faite pour les soupirs de nos êtres
ensemble à tenir la même racine
derrière nos barreaux d’hiver
galériens de l’infini



2009

Dans la tirelire des fleurs

Publié le 06/05/2009 à 12:00 par ceres
Tu y trouveras
le testament des pétales
lègue tous ses étés
à l’oisiveté hiémale
un peu de paillettes
pour acheter couronne de terre
stèle de roses blanches
fleurissent à la cinquième saison

Tu y trouveras
l’alliance des racines
nœuds dénudés de rivières
regarde par la fente
du bourgeon mort-né
les boutons des robes vernales
valsaient les étreintes
de nos désamours poignants

Tu y retrouveras
ce billet…si doux
écrit à la bougie d’une floraison
nos yeux de diamants
volés à la pépite du cœur
ce bouquet de pièces
à l’effigie de ta grâce
germent nos soleils


2009

Il est de ces fleurs que l’on n’oublie pas

Publié le 15/04/2009 à 12:00 par ceres
Il est de ces fleurs que l’on n’oublie pas
celles qui parlent à la terre
ouverte depuis le ciel
cœur syllabique vole en ailes
ses grammes amoureux
au profit des graines que l’oiseau
sème depuis le printemps
ressuscitation des pétales

Il est de ces tulipes que l’on n’oublie pas
qu’importe la couleur
qui prend la place du regard
en langue je t’aime
couvent les embryons de l’aube
en déclamant leur ode vernale
aux anonymes d’une aquarelle
boutonnière

Il est de ces arbres que l’on n’oublie pas
prenant leur eau
depuis les reflets des racines vierges
au milieu des bavardages d’ancolies
démentes d’étreintes lacrymales
et des iris blonds qui se croient soleil
en caressant l’illusion de l’azur
dans le poumon vert gorgé de soupirs

Il est de ces peupliers que l’on n’oublie pas
appellent l’âme depuis l’unique fois
se réfugient dans l’œil du peintre
pour voiler les nymphéas
d’une ramure charnelle
font tomber la grâce des saules
dans les sourires un peu humides
nourrissent les branches vidées de saisons


2009

Ce petit bonhomme de roses

Publié le 10/04/2009 à 12:00 par ceres
Ce petit bonhomme de roses
et sa fioriture de pétales
fanés sur son été vieillissant
perfore l’hymen végétal
par une aube valsée la nuit

retrousse sa moustache verte
pour laisser fleurir les hivers
massacre le ciel
d’une ombre déposée
sur la stèle des chrysanthèmes

Cet orphelin de l’enfance pastorale
escalade les rayons mordants
remonte ses bretelles de soupirs
crée le séisme des étreintes germinales
la couronne floricide de lauriers

plante toujours juillet en mars
se cache derrière le masque vernal
parle fleurs en langage amour
en offrant ses bouquets de larmes
à l’aorte du sentiment desséché


2009

Coeur de quenouille

Publié le 09/04/2009 à 12:00 par ceres
Il est mon barde de cimes affranchies dès la racine,
lui qui invente le parfum des tulipes
pour le noyer dans les fiançailles vernales.

Mon cœur n’est plus qu’un corps de pétales

La forêt profane ses rapsodies ombragées.
Ses notes arborescentes à l’écorce soupirée,
sont piétinées par la saison-mère.

Mon corps n’est plus qu’un cœur de feuilles

Déploie ta harpe de lianes aux abeilles sucrées,
pour nous jouer les ramures des bois oubliés
sous une ombrelle de soleil mystérieux.

Mon cœur n’est plus qu’un corps désaccordé

Les étés sont les arbustes de nos amours,
décousent les graines de la terre.
Par une pluie rouille, les filent sur l’équilibre.

Mon corps n’est plus qu’un cœur de quenouille


2009

L’épouvantail

Publié le 09/04/2009 à 12:00 par ceres
C’est le druide des blés fauves
connu pour ses incantations
d’atmosphère blonde
invoque la danse des tombeaux de terre

Magicien aux sourires de paille
tel un ourson de fleurs
avec ses ourlets en pleurs
devant les sourires des enfants
dénoue les champs de quelques cieux
et réajuste sa guimpe de pétales séchés

Balafré de chemins presque brunis par l’attente
fait voler son chapeau sur le vertige du soleil
abritant dans son feu
un bouquet de pluie légendaire

C’est la tempête des oiseaux
qui martèle son vent de bois
les fruits pourpres depuis la plèvre
trace des sillons blessés dans leur gosier
avec des brindilles de silences
à regards fermés


2009

Mademoiselle arbre

Publié le 08/04/2009 à 12:00 par ceres
Ses racines à la place du cœur
A semer le beau soleil sur l’azur,
Jètent ses rayons vers l’aube des fleurs,
Son printemps échappé dans la césure.

Née d’une rencontre avec les nuages
Aux chemins des anges boisant le vent,
Etend les branches sur un doux visage,
La foudre nomade en soupirs savants.

Les saules lacrymaux sont ses amants
Avec pour ciel l’étreinte des ramures.
Et pour tous les enfants du firmament,
Explose la sève jamais trop mûre.

Ses racines à la place du cœur,
Dans les pousses des feuilles chavirées,
Ont suivi les veines du tronc moqueur
Riant des paysages chamarrés.


2009


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