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Poèmes Enfance

J'ai perdu celle que j'aimais

Publié le 05/11/2009 à 23:38 par ceres
J’ai perdu celle que j’aimais
ce jour où le cœur est parti sans l’âme
la laissant virevolter dans mes tulipes
rouges et jaunes ou dorées
j’ai même laissé le bouton d’or
déchiffrer mes racines cisaillées
à l’herbe folle

J’ai perdu celle que j’aimais
sur le calendrier des années inachevées
y repose encore une essence de violettes
j’effleurais les pétales du soleil
en attendant les étoiles terrestres
et je volais avec les saisons des arbres

J’ai perdu celle que j’aimais
sur la rivière d’une lune pâle
avec le tressaillement des ombres
que je vois encore tournoyer
comme la robe blanche
de cette petite fille brune

J’ai perdu celle que j’aimais
dans le bercement des sommeils
où le rêve ne sait que rire
je l’ai perdue sur le fil du déséquilibre
avec le vertige des souvenirs
La retrouverai-je un jour
ma balançoire


2009


Les ciseaux jaunes et les ciseaux bleus

Publié le 12/10/2009 à 21:56 par ceres
Ne me coupe pas les cheveux avec tes ciseaux jaunes
ils ont volé la couleur de mon soleil
celui que je capturais sur la toile vierge
de mes cinq premières années
Non, toi tu voulais être maîtresse d’école
pour les peluches nos enfants
roses et jaunes et bleus et verts et rouges et oranges

Moi je voulais être fermière
promenant mon gentil coq
dans son panier avec ses œufs
je voulais être magicienne de basse-cour

Non ne me coupe pas les cheveux avec tes ciseaux solaires
prends les miens, ils sont bleus
comme tes yeux et le ciel que je vois à l’envers
sur ma balançoire volante

Tu as fait tomber mes boucles brunes
pourquoi laisser le soleil
accomplir cette basse besogne
il n’est pas coiffeur
il est juste celui qui battra toujours
dans mon cœur de petite fille


2009

Comme Blanche-Neige

Publié le 24/08/2009 à 22:58 par ceres
Comme Blanche-Neige
m’enfuir dans la forêt émeraude
sur la pavane de Fauré
assassiner les fleurs opales
en les cueillant si fraîches et naïves

Comme Blanche-Neige
apprivoiser la colombe nébuleuse
qui ira déposer le baiser
sur le rêve du bien-aimé
l’oiseau brisera le miroir du temps

Comme Blanche-Neige
m’endormir sur le petit lit
d’un sommeil d’elfes
d’étoiles paralysées
sur le seuil du songe

Comme Blanche-Neige
croquer la pomme sucrée
et préparer les funérailles du fruit
qui n’avait de rouge
que le cœur enflé

Comme Blanche-Neige
partir sur le cheval d’argent
avec le prince l’enfant et le conte
lire aux ombres du soir
les histoires que l’on s’invente


2009

C’est un enfant beau comme une fleur

Publié le 15/06/2009 à 20:51 par ceres
C’est un enfant beau comme une fleur
avec son regard de jais
un soleil ambre que l’ombre effleure
un doux sourire que j’ai

Un enfant beau comme une fleur et un été
des tâches de rousseur
un rayon éclaire un instant de pureté
c’est l’enfance qui pleure

C’est un enfant beau comme une rose
Se fane au premier cri de l’hiver
Le dur et froid qui crée l’amaurose
Fait d’un ange un homme-révolver


2009

Il existe des voyages de regards et d’embruns

Publié le 05/06/2009 à 20:56 par ceres

Il existe des voyages de regards et d’embruns

des fleurs aux saveurs fraise et framboise bruissent

tels des papillons qui rêvent dés le premier battement des ailes

le temps d’un envol vers l’enfance endormie sur ses bonbons

que sont devenus

les dessins de soleils sopranos

que l’on dépouillait dans les urnes du couchant

pour les accrocher sur les arc-en-ciel des murs mémoriaux

c’est dans un cahier jauni de lune suspendue aux vertiges

que l’on retrouve la photo d’un sourire

l’ange adoré du moment que l’on esquissait au fusain nuit

 

Il existe des voyages de sentiments et de sable

des coquillages aux chansons sucrées salées

tels les baisers qui échouent sur le palier du cœur

attendant que la porte s’ouvre sur l’infini d’un béguin

reviendront-elles

les lettres amoureuses de l’abécédaire

en cursives rose-bleu-mauve

que l’on écrit en tumultes essoufflés

sur l’ardoise blanchie au ciel candide

adieu secondes si précieuses

l’instant s’appelle  jamais

Tu l’entends cette symphonie de manège

Publié le 21/03/2009 à 12:00 par ceres
Tu l’entends cette symphonie de manège
au loin d’une enfance
bordée par l’horizon des hier

Le carrousel doré dans une danse bavarde
continue de tourner sur les orgues de barbarie
et le xylophone de notes
cloutées d’arcs-en-ciel

Vertiges d’antan
le vent ne se retourne plus

Le carillon de la pomme d’api
résonne encore dans le cœur de neige
il a pris froid aux hivers qui prolongent la valse

Où est mon cheval solaire
né du tronc qui régnait
sur l’âme des enfants solitaires
là-bas dans la forêt irréelle

Vertiges d’antan
le vent ne se retourne plus

Tu vois ce regard forain allumé aux bougies
il vibre au premier bal des paupières
avec le clown qui sourit à l’envers

Le pierrot de plus en plus pâle
le train toujours en retard
ils sont tous partis
avant est un éternel adieu

Vertiges d’antan
le vent ne se retourne plus


2009

Moi dans un toi plus grand que l’infini

Publié le 24/02/2009 à 12:00 par ceres
Résolution
Laver mon nom à l’acide azuré
et jeter les voyelles siamoises
pour ne former qu’une passerelle incandescente
qui se rompra dans les eaux troubles
Purger le passé de ses larmes sacrées
Vider l’océan de ses sanglots nocturnes

Abolition
Enlever le point du i trop sage de mon prénom
pour le fixer sur le silence d’une envolée insulaire
Dénouer les chemins englués de notes
toujours fausses sur les premières portées
Raccorder les racines ombilicales
aux souvenirs solaires…A peine inventés

Impression
enfin que le vent s’est figé
dans le cœur d’une fugitive étoilée
Emancipe le NON dans le cri des aveux
et recommence l’aquarelle des fusions
dans le pastel d’un sourire heureux
Rejette ton nom, ton passé
mais garde l’essentiel
moi dans un toi plus grand que l’infini


2009

Viendras-tu avec moi dans la tombe

Publié le 22/02/2009 à 12:00 par ceres
Viendras-tu avec moi dans la tombe
vêtue de ta robe en laine émeraude
tu te rappelles
au pied de la colline baignée de soleil
où je t’emmenais avec mes sourires

Avec combien d'yeux
as tu parcouru le monde à mes côtés
recousus le soir à l’ombre des larmes

Que de fois t’ai-je trompée
avec un il ou un elle inconnus
dans le lit bordé d’étoiles solitaires
Et toi tu es toujours restée fidèle
avec le temps dépouillé de ses espoirs
avec tes fêlures réparées à l’aiguille colorée
m’offrant ton cœur neuf rempli d’amour
pour consoler la pluie d’été d’une fillette

Viendras-tu avec moi dans la tombe
vêtue de ton tricot rouge un peu large
tu te rappelles
j’avais peur que tu prennes froid
quand je te délaissais pour un autre rêve

Avec combien d’oreilles
as tu entendu les silences de l’enfance
recouvertes par une toile rose trouée

Que de fois t’ai-je bercée
dans mon jardin de tulipes dorées
Je t’emmenais partout tu le sais
avec mes fantômes aux nuages blessés
Viendras-tu dis-moi
même si j’ai grandi et pas toi
l’amoureuse des enfants fébriles
car même de là-haut je ne t’oublierai jamais




2009

C'était la maison jaune

Publié le 18/02/2009 à 12:00 par ceres
C’était la maison jaune
tapissée par un soleil
âgé de quelques pluies
Depuis les herbes ont repoussé
sur le chemin des années

Ce n’est plus la même pâquerette
que j’effleure
comme un amour oublié

C’était la maison jaune
celle du vieil été
réfugié dans le rêve assoupi
éphémère brune à courir
après son rire envolé

Ce n’est plus le même coquelicot
que je caresse
comme une ombre cachée

C’était la maison jaune
celle d’un village breton
qui cherche la mer enfouie
sous les châteaux de sable
derrière le rempart céleste

Ce n’est plus le même genêt
que je respire
comme une fugue parfumée

C’était la maison jaune
avec ses âmes tombales
et nos fantômes espiègles
enfants du temps suspendu
souvenirs qui n’ont pas mûri

Ce n’est plus la même rose
que j’embrasse
comme un baiser échappé


2009

Diagnostic

Publié le 11/02/2009 à 12:00 par ceres
Elle a pris soif
dans la gorge drainée de l'Origine
ambassadrice des étoiles endormies
mourir vivre et puis partir

Depuis la larme à la coulée fragile
chétive poupée de lune
ses fusées crayonnées de fleurs
volent au delà d’un firmament en transe

Vide-cœur désaltéré sur le chemin
à cause d’un baiser
plongé dans le fleuve voyageur

Enfance gangrenée par le regard
des grands leurs vérités idéelles
qui finissent au fond du ruisseau

Musique balancée de notes
adolescence figée
réalité prémonitoire
au commencement des silences hydratés

Dans un ailleurs de rêves aborigènes
plante la forêt des échos solitaires
pour que le sourire sous terre
vibre de pluies sanguines

Si les fugues ne peuvent guérir
les non-dits les non-compris l’interdisent
l’intense danse encore
sur le corps évanoui


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