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Les valses de Vienne

Publié le 04/10/2009 à 21:21 par ceres
Ecrit par Silenys

Lyali lounso fi vi yenna
Mille nuits à s'aimer toi et moi
Je vais, tu viens, on sait où on va
Nos mains amies guident notre émoi

Valsent nos souffles comme autrefois
Pendant que volent les armadas
De nos baisers fous, une razzia
Sur nos corps sans défense pantois.

Ainsi collés tels des siamois,
Nous traversons tous les Saharas
Mon oasis c'est toi et je bois
Nectar baignant tes lèvres à ras.

Tes yeux boutent le feu mi vida
Mon corps s'embrase vivant en toi
Et nous consumant mi amada
Nous chantons alto l'hymne à la joie.


2009


Nous, dans la danse

Publié le 03/10/2009 à 14:49 par ceres
Ecrit avec Silenys

Les écrits sanscrit disent d’eux qu’ils étaient deux
A jouer avec le vent, l’eau, les éléments,
Leurs membres se déplaçaient même dans le temps
Dans une danse au charme follement hasardeux.

Elle, flamme vacillante lascive orientale
Portée par des rumeurs de lumière frémissantes,
Chaque déhanchement de ces hanches puissantes
Arrache un hoquet de pure douleur subliminale.

Lui immense flambeau de la fleur d’aconit,
Valse les pétales sur les lunes exsangues.
Un pas et puis deux jusqu’au bout de l’infini,
La musique des corps parlent toutes les langues.

Il m’aime, elle m’aime, je t’aime sur un ballet
De nous. S’effleurent les perles tombées des cieux.
Souffles, soupirs ne supportent pas de délais,
Salsa endiablée enlève le temps précieux.

Voletant virevoltant, par la main elle le tient
Sous la sienne haut levée, voluptueuse elle passe
Et passant lui souffle à l’oreille: tu m’appartiens,
Puis telle une ballerine s’éclipse avec grâce.

Lui, beau, telle une éclipse solaire-lunaire,
La rattrape dans un triple alto infernal,
S’éternisant vif dans ses contrées lagunaires ;
Papillonnent tous deux, renaissance vernale.

Chacun un bras derrière passant, taille tenant
Et l’autre rythmant un country agreste endiablé
Ils battent le sol fiévreux, vacarme affolant
Puis soudain se font face dans une valse, accolés.

Les écrits disent qu'ils ont dansé la corrida
Deux astres rouge et noir, s'affrontant sur un grand axe;
S'évitant, lévitant, plein cœur, il la poignarda,
Cornes pointues elle lui planta, en plein thorax.

Noces nébuleuses

Publié le 02/10/2009 à 16:44 par ceres
Ecrit avec Silenys

Des notes si sombres dans le gosier du temps
A l’affût des orgues sensuelles des ténèbres.
Sangsues, elle et lui sur la couche, haletants
A prendre l’obscur pour hédoniste funèbre.

Et se fige la posture, lame en vertèbres
Le silence des ombres glisse gémissant;
La rumeur reprend, comme un culte qu’on célèbre
A la gloire d’un principe divin agissant.

C’est un sostenuto à quatre mains virtuoses,
Que jouent les sorciers fauves dans l’antre d’ivoire ;
L’étreinte qui n’a de ciel que l’apothéose
D’une ivresse folle qui s’éternise dans le noir.

Les mains s’amusent d’opale et d’ombre glacées ;
Incantations des corps aux caresses du soir,
Agonies occultes dans une extase enlacée.
Le vent, lui va et vient comme une balançoire.

Les amants comme roseaux dans l’orage violent
Plient se déplient et dansent avec l’invisible
Un tango aux couleurs du désir insolent
Qui navigue insouciant sur une mer paisible

Des créatures d'âme, de sexe et de sang
Assoiffées de la source solaire de la nuit
Dame et prince d'un crescendo indécent
En druides damnés, boivent l'enfer qui reluit

Nulle limite à leurs désirs concupiscents ;
Leurs mains, phalanges blanchies tous les carcans brisent,
Caressent les flancs des plaisirs évanescents,
Se perdent dans leurs âmes l'une à l'autre acquise.

Et vague après vague, le temple des prières
Résonne de la voix unie des officiants.
Oraison fervente comme un trait de lumière
Naît dans les yeux puis meurt dans le ciel, éblouissant.

Les regards éperdus, invoquant l'indicible
cri muet pour que cesse continue la colère ;
Puis des abysses déchaînées naît l’intangible
Qui dissipe leur être en stellaire poussière.


2009

Sonnet à l'amante solaire

Publié le 29/09/2009 à 22:50 par ceres
Ecrit par Silenys

Ma bien-aimée à l'œil sucre autour de miel,
Sucre candi s'épand lisse sur ta peau,
Colore tes lèvres de rose vermeil,
Goutte, caramel sur ton sein rond et beau.

Le regard s'éprend comme un rayon solaire
De tes contreforts offerts à son assaut ;
Chantent tes monts, tes forêts et tes rivières
Un chant lascif qui surprend comme un lasso.

Prise d'amour incisif sur champ de guerre
A coup d'éclairs stellaires. De rudes batailles
Incisent ta chair en parcelles lunaires.

Mais, éprise au delà de toute rancœur,
Tu guéris les blessures, tu combles les failles ;
Le soleil ruisselle sur ton corps vainqueur.


2009

Prends la falaise de nuages

Publié le 29/09/2009 à 16:00 par ceres
Prends la falaise de nuages
sur la danse d’un oiseau querelleur
il se moque des soleils écorchés
jusqu’au cœur des rochers escarpés
Oui
il prend les regards par la main
pour les emmener dans ce paysage imaginaire
avec ses histoires de fou, d’amour et de marin

Prends la craie blanche des galets
pour écrire l’étoile d’un amour
le ciel qui tisse un semblant d’étreintes
et avec cette forteresse de vagues
on pourra dire que seul l’enfant est resté
avec ses adieux, ses oublis et ses sourires

Oui
Encore

Prends le vertige comme la stèle du vent
où le temps gagné aux larmes
se meurt de vie ou se meurt de rien
de l’envol d’un oiseau vers un autre pays imaginé


2009

Jeux de sang

Publié le 28/09/2009 à 21:41 par ceres
Ecrit avec Silenys

Rouge ardent, le soleil a la fièvre ce soir
L'air tremble et l'espace chante comme un grillon
Le vent mort s'écrase et rampe vers l'achevoir
L'impatience gronde et monte rouge vermillon
Que vite dame lune étale l'ombre moire

Ici, le noir de saison, sa cape glaciale
Qui inonde la maison au seuil des étoiles.
Le râle de l’horizon en agonie nuptiale,
Voile la débauche luisante des opales,
Scandale hémorragique, pénombre spatiale.

Sylphide, lèvres pourpres drapée de velours.
Sa peau nue, et son cou ouvert au firmament
Dans la ruelle dallée, offerte à l’amour
Du temps vermeil qui l’enlace amoureusement.
Un immense soupir dans le cœur, souffle court.

« C’était l’époque orgiaque, dentelles de feu
Des plumes élégiaques, danse de l’encore.
Des corps déments dans l’âtre, brasiers sulfureux
Entendant les murmures des sombres décors,
Perles égarées sur les torses valeureux. »

Lui beau prince envoûtant des ténèbres solaires :
On dirait qu’il a volé la pluie à l’azur,
Errant près des tombes en deuil, nymphes stellaires
Dans la coupe sanguine, gouttes de césure,
Les blessures du cœur infligées par l’éclair."

Destinées inconciliables : non sans détours.
Lumière sélénite complice et noir sévice
Le voilà qui brandit dans l'air son encours :
Un regard rouge qui luit, danse du supplice ;
Il défie le soleil qui vole son toujours;

Valse langoureuse du baiser impossible ;
L'élan prometteur d’orgasmes patibulaires
S'arrête à l'orée d'un mur violent invisible ;
Les lèvres exsangues, les regards incendiaires
Meurent à la cime du désir inextinguible.

Tel l'astre brillant il court sa lune qui fuit,
A peine enlacés devant la tombe du jour,
Ils se séparent, ombres claires dans la nuit
se joignent au gré de la marée au long cours ;
réticents, consentants, l’océan les détruit.

« c'était le temps des chants lugubres et tragiques
qui s'entonnent au seuil des stèles somptuaires ;
ils s'élèvent crescendo, lancinants cantiques,
propulsants les âmes dans les champs nébulaires
où elles se confondent en ode quantique .»


2009

Le Havre et Rouen

Publié le 25/09/2009 à 22:40 par ceres
Ma ville bétonnée aux volcans blancs
qui n'est pas celle aux cent clochers
avec leurs orgues discordantes
ni le gris effleuré par l'âme des soleils tremblants
Non, tu n'es pas celle d'un nuage sédentaire
qui déverse sa pluie, ses brumes sanglantes
ni la fissure des murs qui crachent
leurs blessures sur le sourire des passants.

Ma ville bétonnée à l'essence de Perret
tu es celle que j'aime malgré tout
et malgré moi toujours au coeur de l'estuaire
avec les ricochets de mon passé
sur mes regards absents
tu es celle que j'aime au delà des cieux
au cri d'une mouette argentée
l'impasse de mes reflets profanés
par l'ombre d'une mémoire
j'avais levé l'encre de la mélancolie
tu es celle que j'aime malgré tout
et malgré moi
que j'ai aimé dès mes premiers pas
surtout que l'autre...Je ne l'aimerai jamais !

Chère Madame Henderson

Publié le 25/09/2009 à 22:30 par ceres
Chère Madame Henderson,

Il existe peu de chances pour qu'un jour vous lisiez cette lettre mais je la laisse là dans cet espace où je me sens à l'aise, où je suis si bien. Il me reflète. J'ai beaucoup pensé à vous depuis le début du mois de septembre. C'est drôle, je l'avais maintes fois imaginé en souriant et pourtant jamais, je n'aurais pensé que cela arriverait...D'être nommée dans le lycée où j'avais fait ma scolarité, où je vous ai connue.
Je ne sais pas si vous vous rappelez de moi, élève de 1ère L qui un jour vous avait rendu une dissertation complètement loufoque sur un texte de Francis Ponge.
Vos paroles, vos encouragements, ces mots réconfortants qui me redonnaient confiance, j'en avais les larmes aux yeux, et encore quand j'y pense.
J'ai un aveu à faire, une pensée sombre dont j'ai eu longtemps honte. Je ressens le besoin de l'exprimer même si je sais qu'au fond, j'ai tort, qu'on ne peut pas changer les choses, qu'on ne peut pas reprocher aux êtres, à sa chair ce qu'ils ne seront jamais.
J'aurais tellement voulu que ma propre mère vous ressemble, qu'elle ait cette énergie, ce souffle, ce charisme qui nous embarquait dans un élan constructrif.
Je me souviens de l'Horloge de Baudelaire, de vos inimitiés pour Hémon le fiancé d'Antigone, pour Rousseau aussi, l'auteur de l'Emile et ayant abandonné ses cinq enfants. Je me souviens du Voltaire hyponcondriaque, de vos remarques toujours judicieuses, de votre rire, du chiffre 7.
Aujourd'hui, je me retrouve professeur dans ce lycée, dans une ville que j'ai tant aimée, confrontée à mes fantômes, à mon passé. J'ai cherché la table à graffitis où les je t'aime balbutiants d'adolescente étaient dédiés à des garçons, dont je ne me souviens plus du visage. Là, dans l'habit de professeur, à se demander ce que vous êtes devenue, à me rappeler tous ces mots qu'on n'avait pas eus pour moi avant vous.
Je voulais vous dire que je vous admire, que je vous estime et que je ne vous oublierai jamais. Vous êtes une grande dame.

Il y a des nuages qui ne s'apprennent pas

Publié le 25/09/2009 à 17:02 par ceres
Il y a des nuages qui ne s’apprennent pas
et des histoires d’azur à la peau lunaire
des lueurs qui apprennent le trépas
dans le tréfonds des sourires
puis
il y a des racines que l’on ne comprend pas
et des enfants au regard insulaire
des larmes qu’on ne voit pas
coulent sur les visages fantômes
enfin
il y a des églises où l’on ne prie pas
des solitudes Infini sous terre
des amours qui n’ont que faire du trépas
des ombres à recoudre sur les fleurs


2009

Donnez-moi l'heure

Publié le 23/09/2009 à 21:08 par ceres
Ecrit avec Silenys

Pouvez-vous me donner l'heure s'il vous plaît
juste une heure de bonheur
Ha, c'est une montre que vous avez et pourtant,
rien de ce qu'elle montre n'a l'heur
de me plaire autant que le temps
passé à vous voir regarder le temps passer.

Toi horloge pressée
donne-moi l’heure de l’amour
car il est temps de s’aimer à l’heure
avant que la seconde ne défaille sous l’empreinte
du passé fané à l’ombre des fleurs
il est toujours l’heure de demander l’heure


2009


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